
KONAN BEDIE
LAURENT
GBAGBO

LE PARC ANIMALIER D'ABOKONAMEKRO
Situé à 60 km de Yamoussoukro, le Parc National d'Abokonamékro s'étend sur une surface de 21 000 ha. On
peut y découvrir des Eléphants, des Buffles, des Cobs de Buffons, des Rhinocéros, des Girafes. Son centre d'hébergement en construction et son accès facile, par route (l'autoroute du Nord) ou par
air (vols Charter ou Air Ivoire), sont des atouts certains pour en faire un des principaux
attraits de la région du centre.
LE PARC NATIONAL D'ASAGNY
Situé à 100 km d'Abidjan à l'embouchure du Bandama, le parc national d'Asagny s'étend sur 19 400 ha.
Entouré d'eau à 60 %, la flore y est constituée essentiellement de savane marécageuse avec des palmiers. Des éléphants, des Potamochères, des Buffles, des Singes (Îles aux Chimpanzés), plusieurs
espèces d'oiseaux, y vivent en parfaite harmonie. Le Canal d'Asagny navigable, permet les promenades en bateau et est doté de Miradors, offrant une vue imprenable sur la nature environnante.
D'accès facile par la route (La Côtière), ou par air (aéroport de Kossou), de nombreuses possibilités sont offertes aux touristes pour leur hébergement, au campement hôtel, non loin du parc, ou à
Grand-Lahou.
LE PARC NATIONAL DU BANCO
En plein coeur d'Abidjan, en bordure de l'autoroute du Nord, le parc national du Banco est un exemple de
forêt primaire (Arboretum), avec des espèces de bois devenues rares (acajou, avodirés...). Au Banco, vivent de nombreux oiseaux et des singes. Des pistes pour promeneurs y ont été aménagées. De
par sa proximité avec la ville, de nombreux hôtels de toutes les catégories permettent un hébergement facile.
LE PARC NATIONAL DE LA COMOE
Fondé en 1968 sous le nom de "Réserve de Bouna" , le parc national de la Comoé situé à Bouna est à n'en
pas douter le plus ancien et le plus important parc de Côte d'Ivoire, de par sa superficie 1 150 000 ha, avec 500 km de pistes carrosables, et du fait aussi de l'importance et de la variété de sa
faune : Éléphants, Buffles, Cobs de Buffons, Lions, Hippopotames, Cynocéphales, plusieurs oiseaux... De nombreux et charmants hôtels ont été construits dans les villages environnant le Parc : à
Kaffalo, Wangofitini, Kapkin, Ganser... L'accès au parc est facilité par la construction d'une piste d'attérissage à proximité du parc. La route est bitumée jusqu'à Bondoukou, à 180 km de
Bouna.
LE PARC MARIN SUR LES ILES EHOTILES
Situé près d'Adiaké, sur la lagune Aby, à l'Est d'Abidjan, les îles Ehotilés se composent en fait de six
îles : Monobahas, Niamoan, Bitouaté, Élouamé, N'Gremon et Bossou Assouan. En 1974 est crée sur ces îles, un parc marin qui a pour vocation première de permettre aux historiens et archéologues du
monde entier d'effectuer des recherches scientifiques, en toute tranquilité. D'une superficie totale de 500 ha, la faune est surtout aquatique. On y accède par voie terrestre (Adiaké) et par la
lagune Ebrié.
LE PARC NATIONAL DE LA MARAHOUE
D'une superficie de 101 000 ha, et situé dans la région de bouaflé, au Nord de la route goudronnée (venant
de Yamoussokro et allant à Daloa), le parc de la Marahoué offre à ses visiteurs un environnement de qualité et parfaitement aménagé pour les accueillir ; le parc dispose, en effet d'un centre
d'accueil et d'hébergement, de plusieurs miradors, des marres aux crocodiles, aux Buffles, aux hippopotames, etc. Ici, animaux de forêt et de savanes cohabitent harmonieusement : Éléphants,
Bongos, Buffles, Cynocéphales, etc...
LE PARC DU MONT PEKO
Renommé pour sa végétation (flore de montagne et de forêt primaire) et situé à quelques kilomètres de
Duékoué, ce parc tire son nom du Mont Peko, qui a une altitude supérieure à 1000 m. D'une superficie de plus de 34 000 ha, le parc du Mont Peko possède une faune importante et variée, composée
entre autre d'Éléphants, de Panthères, de Buffles, de Céphalophes, de Singes, etc. Plusieurs hôtels à Duékoué et la route bitumée Abidjan-Duékoué, ou par les airs en direction de Man, permettent
aux touristes un accès facile et un hébergement de qualité.
LE PARC DE SANGBE
Situé au Nord de Man et à l'Ouest du fleuve Sassandra, à cheval entre Biankouman et Touba, le Parc
National du Mont Sangbé, avec ses 95 000 ha de superficie, est la prolongation touristique de Man et de sa région. Se trouvant entièrement localisé en zone montagneuse (14 sommets de plus de 1
000 m dans les monts toura), ce parc est particulièrement giboyeux et couvert d'une flore très dense. Eléphants, Buffles, Antilopes et singes, constituent en grandes parties l'essentiel de sa
faune. Le parc national du Mont Sangbé est accessible par voie terrestre, (route bitupmée jusqu'à Biankouma et Touba), et par avion en direction de Man (air Ivoire).
LE PARC DE TAI
Le parc de Tai (350 000 ha) tire son nom de la ville de Taï, située le long de la frontière ouest, au sud de Guiglo et à une centaine de km au Nord de Tabou. Classé "Patrimoine mondial" dans le programme MAB des Nations Unies, il renferme de nombreuses essences forestières de qualité et est un lieu de recherche scientifique et médicinal réputé. Peuplé de plusieurs espèces d'animaux, Hippopotames nains, Céphalophes zébrés, Jentink, Bogon, Éléphants, etc., le parc national de Taï est en plein aménagement. II existe une grande facilité d'hébergement, à Taï même, mais aussi à Guiglo et Soubré. La route est bitumée jusqu'à Guiglo et Soubré, et il est possible de s'y rendre par voie aérienne jusqu'à San Pédro.
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HISTOIRE DE LA COTE D'IVOIRE:Les recherches archéologiques sont difficiles dans un
pays en grande partie couvert par la forêt : l'histoire ancienne du pays est donc encore en voie d'élaboration. Elle s'écrit différemment dans la savane du Nord, que peuplèrent les
populations de langue mandé (Malinké et Dioula) migrant du nord vers le sud, et dans la zone forestière et lagunaire correspondant aux parties centrale et méridionale du territoire
ivoirien, où s'établirent les populations du groupe akan (Baoulé) en provenance de l'est.
La période précoloniale - Xème siècle : Le commerce transsaharien atteint le nord de la Côte-d'Ivoire et entraîne - vers le XIIIème siècle : Premières migrations de populations mandingues s'établissant à la lisière de la forêt, dans une région productrice d'or et de noix de cola. - XVème siècle : Les explorateurs portugais parviennent jusqu'à la côte à partir de laquelle ils organisent la traite négrière et le commerce de l'ivoire. De cette période datent les différentes appellations données au pays par les Européens, lesquelles varient en fonction de l'accueil que les populations leur réservent et des produits qu'ils troquent avec celles-ci : Côte des males gens, Côte des graines et de la malaguette (nom donné au poivre de Guinée), Côte des dents, Côte du morphil (ivoire), Côte d'ivoire. Les peuples habitant les lagunes deviennent les auxiliaires des commerçants européens ; ils lancent des expéditions dans l'arrière-pays d'où ils rapportent esclaves, ivoire et huile de palme. - Début du XVIIIème siècle : Grande migration des peuples akans, venus de l'actuel Ghana. Les Baoulé, groupe proche de celui des Achanti, s'établissent, sous la conduite de la reine Abla Pokou, dans le centre du pays. Ils sont porteurs d'une conception du pouvoir très éloignée de celle qui prévaut chez les peuples de la forêt: l'autorité y est détenue par les anciens et le pouvoir y est davantage éclaté tandis que les royaumes akan sont extrêmement centralisés, le roi détenant une autorité sacrée, donc absolue. - XVIIIème siècle : la cité-État de Kong, fondant sa prospérité sur la traite négrière, domine la région. Le développement du commerce transsaharien, contrôlé par les Malinké islamisés, va de pair avec la diffusion de l'islam dans la région. Celle-ci se fit d'abord plus par imprégnation que par l'utilisation de moyens coercitifs, et les populations établies de longue date, comme les Lobi et les Sénoufo, présents depuis le XIème siècle, maintiennent leur identité animiste. Cependant, au XVIIIème siècle, le clan musulman des Ouatara renverse le pouvoir traditionnel animiste et étend sa domination sur les régions englobant l'actuelle Bobo-Dioulasso (Burkina Faso): leur expansion territoriale est avant tout motivée par la volonté d'assurer la sécurité des communications et des échanges. La colonisation française - Début du XVIIIème siècle : Les Français s'établissent sur la côte. - Seconde moitié du XIXème siècle : Ils se trouvent en compétition pour la domination de la région avec les Britanniques qui ont jeté leur dévolu sur la Côte-de-l'Or (actuel Ghana). - 1882 : Les colonisateurs introduisent en Côte-d'Ivoire la culture du café ; le développement des plantations favorise la constitution d'une classe de petits planteurs. - 1885 : Congrès de Berlin définissant les zones d'influence respectives de ces deux puissances coloniales. Dans son entreprise de conquête de l'intérieur des terres, la France se heurte dans le Nord au conquérant malinké, Samory Touré, dont les forces sont armées de fusils négociés auprès des Britanniques. - 1897 : Samory fait raser Kong, dont les habitants ont pactisé avec la France ; il doit toutefois se rendre et est déporté. Mais le conflit a dévasté durablement la région. - 1904 : La France assied sa domination sur l'ensemble de la Côte d'Ivoire et le territoire ivoirien devient colonie de l'empire colonial français. - 1915 : Fin des révoltes des Baoulé et des Bété que les autorités coloniales doivent réprimer. - 1932 : Félix Houphouët-Boigny prend la tête de la contestation contre l'accaparement des terres par les grands propriétaires coloniaux et contre la politique économique qui pénalise les petits planteurs autochtones. La Côte-d'Ivoire est sous la coupe des milieux d'affaires qui incitent le gouvernement français à intégrer à la colonie, entre 1932 et 1947, les régions très peuplées du centre et du sud de la Haute-Volta (actuel Burkina Faso), dont les habitants sont recrutés pour le travail dans les plantations et constituent le gros des contingents de "Tirailleurs Sénégalais!" envoyés sur le front européen durant la Seconde Guerre mondiale. Le recours au travail forcé, pour la construction de la voie ferrée entre Abidjan et Ouagadougou, destinée à parfaire l'intégration économique de ces territoires, renforce l'opposition anticolonialiste. - 1944 : Houphouët-Boigny crée un syndicat agricole africain, à l'origine du Parti démocratique de Côte-d'Ivoire (PDCI), section ivoirienne du Rassemblement démocratique africain (RDA) fondé en 1946 à Bamako (Mali). Les différentes sections du RDA créées dans les colonies de l'Afrique-Occidentale française (A-OF), mènent la lutte pour l'indépendance. - 1946 : Député de la Côte-d'Ivoire à l'Assemblée française, Houphouët-Boigny est à l'origine de la loi abolissant le travail forcé dans les territoires d'outre-mer, statut auquel accède la Côte-d'Ivoire la même année. - 1949 : Le PDCI-RDA, alors apparenté au Parti communiste français, s'oppose violemment à l'Administration française, soutenant les grèves suscitées par la chute des cours du cacao. - 1951 : Houphouët-Boigny adopte une stratégie de coopération avec le gouvernement français, et le PDCI-RDA rallie l'Union démocratique et socialiste de la résistance (UDSR), qui compte dans ses rangs François Mitterrand, ministre de la France d'outre-mer. Ministre à deux reprises dans le gouvernement français, Houphouët-Boigny participe à l'élaboration des réformes qui vont déboucher sur la décolonisation. La Côte-d'Ivoire indépendante - 4 décembre 1958 : La Côte-d'Ivoire devient une république au sein de la Communauté française, Houphouët-Boigny assurant les fonctions de Premier ministre. - 7 août 1960 : Accession de la Côte d'Ivoire à l'indépendance, Houphouët-Boigny en devient le président. L'ancienne Afrique-Occidentale française (A-OF) voit naître un second pôle économique et politique, concurrent du Sénégal, où se trouvent les administrations coloniales. La rivalité entre Léopold Sedar Senghor, un intellectuel, et Houphouët-Boigny, un syndicaliste pragmatique, est ancienne. Le président ivoirien fait échouer le projet de fédération du Mali, qui doit reconstituer l'A.O.F. et qui permettrait au Sénégal de maintenir sa prépondérance sur l'Afrique de l'Ouest francophone. La Côte-d'Ivoire en est le pays le plus riche et son dirigeant a l'ambition de fonder sa puissance politique sur le développement économique national. Avec l'ouverture du canal de Vridi, Abidjan, la capitale ivoirienne, devient un port de mer puis un centre financier. La stabilité politique du pays, en grande partie permise par le régime de parti unique qu'a établi Houphouët-Boigny, favorise la forte croissance économique des années 1960 et 1970 (le "miracle ivoirien"). La politique paternaliste et capitaliste d'Houphouët-Boigny suscite cependant une opposition croissante (manifestations étudiantes, conspirations dans l'armée). Fin des années 1980 : Le président entreprend des travaux grandioses, notamment à Yamoussoukro où est transférée la capitale et édifiée une cathédrale sur le modèle de Saint-Pierre de Rome. Le déploiement d'un tel faste alors même que l'économie nationale s'effondre, alimente le mécontentement de la population. - 1990 : Houphouët-Boigny accepte, sous la pression des manifestations, d'instaurer le multipartisme. Dès cette époque, le problème de sa succession se pose, mais le président ne laisse pas aux dauphins constitutionnels (les présidents successifs de l'Assemblée nationale) la possibilité de s'imposer. - Octobre 1990 : Houphouët-Boigny est élu pour un septième mandat de cinq ans, à l'issue des premières élections pluralistes du pays. L'ouverture politique n'est cependant que formelle. - 1992 : Les principaux dirigeants de l'opposition, dont Laurent Gbagbo, fondateur du Front populaire ivoirien, sont emprisonnés. A la faveur d'un climat politique et social tendu, les oppositions entre communautés et régions se manifestent. - Octobre 1995 : Le scrutin présidentiel est ainsi marqué par des violences intercommunautaires, opposant, notamment dans l'ouest du pays, les Bété aux Baoulé, dont fait partie le nouveau président Henri Konan Bédié, tandis que les musulmans du Nord restent marqués par la marginalisation dans laquelle les institutions tentent de maintenir Alassane Ouattara, ancien Premier ministre, en raison de ses origines burkinabées ("ivoirité"). - 1998 : Le président Bédié fait adopter une révision constitutionnelle instituant le septennat renouvelable jusqu'à l'âge de soixante-quinze ans, au lieu d'un quinquennat renouvelable une seule fois. La possibilité pour le chef de l'État de reporter l'élection présidentielle prévue pour l'an 2000 soulève les protestations d'une opposition divisée. L'économie, dont le taux de croissance est passé de 1,8 % en 1994 à 6,8 % en 1996, a été stimulée par la dévaluation du franc CFA. - 24 décembre 1999 : A Abidjan, une mutinerie de soldats réclamant une amélioration de leurs conditions de vie se transforme en coup d'État. Après l'échec de négociations entre le représentant des soldats, le général Robert Gueï - ancien chef d'état-major - et le chef de l'État, Henri Konan Bédié, ce dernier est destitué. Ce premier coup d'État de l'histoire du pays depuis son indépendance en 1960 a été bien accueilli par la population lassée de la corruption croissante du régime. Le général Gueï a dissous toutes les institutions de la République et a constitué, sous sa direction, un Comité national de salut public. Les dirigeants du Rassemblement des républicains (RDR), parti de l'opposant en exil Alassane Ouattara, emprisonnés depuis fin octobre, ont été libérés. Le général Gueï a promis un retour rapide à la démocratie et a demandé à tous les partis politiques ivoiriens de participer à un gouvernement de transition. Le président Bédié s'est réfugié à l'ambassade de France puis au Togo. - 29 décembre 1999 : Retour d'Alassane Ouattara en Côte d'Ivoire après avoir bénéficié d'une ordonnance de non-lieu dans l'affaire de faux et usage de faux pour laquelle il était poursuivi. Contrairement à Félix Houphoet Boigny, qui a su avec prudence éviter tout conflit ethnique et a même permis l’accès aux postes de l’Administration publique à certains immigrants venus de pays voisins, Henri Konan Bédié met en exergue le concept de L'ivoirité. L’ivoirité est définie d’abord comme l’affirmation de la souveraineté et de l’autorité du peuple ivoirien face aux menaces de dépossession et d’assujettissement, notamment dans les domaines de l’immigration ou des pouvoirs économique et politique. Par la suite, le concept a la réputation d’être destiné à exclure l’opposant Alassane Dramane Ouattara de l’élection présidentielle. La nationalité de ce leader fait ainsi l’objet de vives polémiques et de nombreuses controverses tant au sein de la classe politique que de l’ensemble de la société ivoirienne, une frange de la population lui reconnaissant la nationalité ivoirienne, tandis que l’autre la lui dénie. La Cour suprème de Côte d’Ivoire n’a pu trancher sur ce sujet. Des problèmes de gouvernance sont mis à jour lors de l’exécution de projets financés par L'Union Européenne . En outre, différents faits, notamment l’exacerbation des tensions politiques et sociales par la presse, les actes de défiance à l’autorité de l’État posés par des opposants, l’incarcération de plusieurs leaders de l’opposition politique, instaurent un climat délétère qui conduit en décembre 1999 au renversement de Henri Konan Bédié par des soldats mécontents. Ceux-ci placent à la tête de leur groupe le général Robert Guei qui devient par ce fait, chef de l’État de Côte d’Ivoire. Henri Konan Bédié s’exile en France.
La lente sortie de criseLe régime issu du putsch est marqué durant son éphémère pouvoir par des troubles militaires et civils. Le pouvoir militaire réduit néanmoins la criminalité et la corruption en usant de méthodes parfois expéditives. Il fait procéder à la rédaction d’une nouvelle constitution par les partis politiques et la société civile et organise, en octobre 2000, l’élection présidentielle. De nombreuses candidatures à la présidence de la République dont celles de Henri Konan Bédié et de Alassane Dramane Ouattara sont éliminées par la Cour Suprème. Le général Robert Guéï qui se proclame vainqueur du scrutin est chassé par des manifestations de rue. De violents affrontements opposent également durant quelques jours des militants du FPI à ceux du RDR . Ces troubles se soldent par plusieurs morts. La Cour suprême proclame les résultats et déclare vainqueur, Laurent Gbagbo. Celui-ci initie un forum de réconciliation nationale puis nomme un gouvernement d'union nationale. Mais le 19 septembre 2002, des soldats rebelles venus du Burkina Faso tentent de prendre le contrôle des villes d’ Abidjan, Bouaké et Korhogo. Ils échouent dans leur tentative en ce qui concerne Abidjan mais sont victorieux dans les deux autres villes, situées respectivement dans le centre et le nord du pays. Robert Guéï est assassiné dans des circonstances non encore élucidées. La rébellion qui se présente sous le nom MPCI crée plus tard le MJP et le MPIGO et forme avec ces dernières composantes le mouvement des Forces nouvelles (FN). Il occupe progressivement plus de la moitié nord du pays (estimée à 60% du territoire), scindant ainsi le territoire en deux zones géographiques distinctes : le sud tenu par les Forces armées nationales de Côte d’Ivoire (FANCI) et le nord tenu par les Forces armées des forces nouvelles (FAFN). Les pourparlers entamés à Lomé permettent d’obtenir le 17 octobre 2003, un accord de cessez-le-feu qui ouvre la voie à des négociations sur un accord politique entre le Gouvernement et le MPCI, sous l’égide du président du Togo, Gnassingbé Eyadéma. Ces négociations échouent cependant sur les mesures politiques à prendre, en dépit de réunions entre les dirigeants de la CEDEAO à Kara (Togo), puis à Abidjan et à Dakar. 10 000 casques bleus de l’ONUCI dont 4 600 soldats français de la Licorne sont placés en interposition entre les belligérants. Dans une nouvelle initiative, la France abrite à Linas-Marcoussis du 15 au 23 janvier 2003, sous la présidence de Pierre Mazeaud, Président du Conseil constitutionnel français, secondé par le juge sénégalais Keba Mbaye, une table ronde avec les forces politiques ivoiriennes et obtient la signature de l’accord de Linas-Marcoussis. Cet accord prévoit la création d’un gouvernement de réconciliation nationale dirigé par un premier ministre nommé par le Président de la République après consultation des autres partis politiques, l’établissement d’un calendrier pour des élections nationales crédibles et transparentes, la restructuration des forces de défense et de sécurité, l’organisation du regroupement et du désarmement de tous les groupes armés, le règlement des questions relatives à l’éligibilité à la présidence du pays et à la condition des étrangers vivant en Côte d’Ivoire. Un comité de suivi de l’application de l’Accord, présidé par l’ONU, est institué. Appliqué avec beaucoup de difficultés, l’Accord de Linas-Marcoussis est suivi par plusieurs autres, conclus en Afrique et mis en œuvre par les gouvernements successifs de Seydou Diarra, Charles Konan Banny et Guillaume Soro, nommé 1er ministre à l’issue de la signature de l’accord politique de Ouagadougou conclu entre celui-ci et Laurent Gbagbo, sous l’égide du président burkinabé Blaise Compaoré, facilitateur . Dans le Gouvernement de Guillaume Soro composé de 33 membres, la formation militaro-politique de celui-ci (les Forces nouvelles) et le Front populaire ivoirien (FPI), formation politique dont est issu le président Laurent Gbagbo, disposent chacun de huit portefeuilles (le Premier ministre y compris). Les autres portefeuilles sont répartis entre divers autres partis politiques. Ainsi, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) en détient 5, le Rassemblement des républicains de Côte d’Ivoire (RDR) 5, le Mouvement des forces d'Avenir (MFA) un, le Parti ivoirien des travailleurs (PIT) un, l’Union démocratique de Côte d'Ivoire (UDCI) un et l’Union pour la démocratie et la paix en Côte d'Ivoire (UDPCI) un ; deux autres ministres sont réputés proches du Président de la République et un ministre est issu de la société civile. Concrètement, outre la gestion des affaires relevant de ses compétences traditionnelles, le gouvernement coordonne la mise en œuvre du processus de sortie de crise au moyen de programmes spécifiques. Il s’agit d’un dispositif technique comprenant notamment le Centre de commandement intégré (désarmement des combattants), le Programme national de réinsertion et de réhabilitation communautaire, le Comité national de pilotage du redéploiement de l’Administration (restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire et reprise du fonctionnement des services publics), l’Office national d'identification (identification des populations et des électeurs) et la Commission électorale indépendante (organisation des élections). Si le consensus semble se dégager sur le mode de gestion du programme de sortie de crise, les origines de la crise ivoirienne demeurent un sujet controversé. Selon certaines thèses, la crise ivoirienne est la résultante à la fois d’un colonialisme déstructurant pour l’organisation traditionnelle, d’un imbroglio juridique créé par la Constitution ivoirienne, des pratiques antidémocratiques du parti unique, du concept de l’ivoirité ainsi que de la crise économique mondiale. Pour d’autres, la crise consacre et exprime une profonde fracture géographique, voire ethnique et religieuse, entre le nord et le sud du pays .Pour d’autres enfin, il s’agit simplement d’une manifestation de la guerre que la France livre à la Côte d’Ivoire en vue du maintien de ce pays sous sa domination |
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