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27 novembre 2007 2 27 /11 /novembre /2007 13:17
REPRISE DE LA  CONSTRUCTION DU NOUVEAU PONT D'ABIDJAN PREVU POUR FIN 2008nouveau-pont-d-abidjan.jpgLe ministre des Infrastructures économiques a discuté, récemment, des voies et moyens de la relance du projet avec le concessionnaire, le Groupe Bouygues, à Paris. M. le ministre, peut-on savoir l’objet de votre mission à Paris ?
J’étais d’abord en mission à Vienne, en Autriche, puis à Paris en France. A Vienne, c’était pour signer une convention de prêt entre l’Etat ivoirien et le fonds de l’OPEP pour construire des infrastructures d’approvisionnement en eau potable en Côte d’Ivoire. Il s’agit de châteaux d’eau, de forages, surtout pour la ville d’Abidjan. Nous avons signé cette convention. Après cela je suis venu à Paris. Mardi le 20 novembre, nous avons rencontré le Groupe Bouygues pour le projet du 3e pont d’Abidjan, le pont Riviera-Marcory qui est devenu une urgence…La population d’Abidjan est passé de 3 à 5 millions d’habitants, en l’espace de 5 ans. Et les embouteillages, vous les voyez tous les jours. Ce pont est donc devenu une priorité pour le gouvernement. Je suis donc venu discuter avec le Groupe Bouygues des modalités pour pouvoir relancer les travaux. Il s’agit en particulier de voir si les financiers qui étaient engagés en 1999 le sont toujours. S’ils ne le sont pas, comment trouver de nouveaux financiers pour boucler le projet. Et qu’a dit le Groupe Bouygues ?
Ce qu’il en est, c’est qu’il y a un certain nombre de financiers qui ne financent plus les opérations en Côte d’Ivoire depuis le coup d’Etat. Ce que je lui ai donc proposé, c’est qu’il faut songer à écarter ces financiers là au profit de bailleurs de fonds avec lesquels la Côte d’Ivoire travaille actuellement, notamment sur l’autoroute de Yamoussoukro et sur l’autoroute de Grand-Bassam. Ceux-là, qui n’étaient pas dans le premier tour de table, sont intéressés. Le Groupe Bouygues est donc d’accord sur cela. Nous allons donc réactualiser les études, puisqu’un certains nombre de coûts ont varié. On va également refaire une étude du trafic, parce qu’à l’époque il y avait un certain nombre de véhicules qui n’est pas celui qu’on a maintenant. C’est un pont à péage. Il faut donc voir si le trafic permet toujours de rentabiliser le pont. Quand ces études seront terminées, nous ferons un autre tour de table pour démarrer les travaux. Le Groupe Bouygues est donc prêt à accompagner le gouvernement ivoirien, à toutes ces étapes. Oui. Il est le concessionnaire. Il est donc prêt à nous accompagner. Mais il est évident que seul, il ne peut plus lever les financements sur le marché parce que le contexte fait qu’un opérateur privé a beaucoup plus de difficultés que l’Etat. L’Etat a quand-même des relations particulières avec certaines institutions de financement du développement, auxquelles eux en tant que privés n’ont pas toujours accès. Si nous les laissons seuls sur le marché financier, ils ne seront pas capables de réaliser l’ouvrage. Mais si nous utilisons nos propres relations…, nous y arriverons ensemble certainement. Le financement concerne quoi exactement, au niveau du pont ?
Le financement concerne la construction du pont. Il concerne tous les ouvrages, notamment les pieds, un tablier, un échangeur. Au départ, le pont prévoyait qu’en arrivant à Marcory, que cela se fasse sur le boulevard Giscard D’Estain, mais aujourd’hui, avec le trafic sur cette voie, il faut opter pour un échangeur, de façon à ce qu’on ne soit pas obligé de mettre un feu tricolore…
En 1999, on a avait parlé de dédommager des personnes morales ou physiques, chez qui le pont doit passer. Est-ce que les financements concernent toujours l’aspect dédommagement ?
L’opération de dédommagement a été entièrement bouclée, puisque le premier coup de pioche a été donné en 1999. C’est juste après cela que le coup d’Etat est intervenu. Un des banquiers s’est retiré par la suite…Tous les apurements des riverains a été faits, mais ce qu’il faut savoir, c’est que quand un projet comme cela met plusieurs années sans être réalisé, les gens reviennent s’installer. C’est donc une question qu’il va falloir voir immédiatement avec mon collègue de la construction. L’Etat étant dans son droit, il va falloir créer rapidement les conditions d’un démarrage des travaux. Quelle est la date de démarrage des travaux, telle que convenue avec le Groupe Bouygues ?
Comme je l’ai dit, l’Etat va jouer un rôle important, pour approcher les bailleurs de fonds institutionnels. Les deux parties doivent donc ensemble terminer les dossiers d’actualisation. Ce que je lui ai dit, c’est que nous devons pouvoir boucler tous ces dossiers à la fin du premier trimestre de 2008, de façon qu’avant juin, les travaux puissent démarrer. Nous visons en tout cas juin 2008.
A Vienne, qu’avez-vous obtenu concrètement?
Il faut savoir qu’il y a une croissance exponentielle des besoins en eau potable au niveau de la ville d’Abidjan. Les infrastructures existantes ne sont pas capables de nous permettre de faire face à ces besoins-là. Nous avions un projet qui nous permettait de donner une bonne lisibilité, en terme d’approvisionnement. C’est un projet d’environs 13 milliards, financé par l’AFD (Agence française de développement), qui a été signé, mais à cause de la crise et des arriérés de l’Etat, le prêt n’a pas été décaissé. Et le projet a été arrêté. C’est donc ce projet que nous avons repris, en recherchant de nouveaux bailleurs. Nous avons donc vu le fonds de l’OPEP, nous avons vu aussi la Banque islamique du développement. Avec les deux et le concours de l’Etat, nous avons pu réunir le montant nécessaire pour pouvoir relancer ce projet-là. On imagine que les coûts ont été actualisés.
Ça va coûter environ 12 milliards. Le Fonds de l’OPEP va donner 4 milliards, la Banque islamique du développement va donner 6 milliards et l’Etat de Côte d’Ivoire va y mettre 2 milliards. L’opération sera bouclée. Tout cela est-il en bonne voie ?
Nous sommes venus signer la convention de prêt. Cela veut dire que le prêt est accordé. Maintenant, ce que nous allons faire, c’est lancer les appels d’offres, choisir l’entreprise et lancer les travaux. On espère que d’ici à fin 2008, tous les problèmes d’eau qu’on connaît à Abidjan seront totalement réglés. Pour revenir aux routes, on apprend que les travaux du prolongement de l’autoroute du Nord avancent. Mais dans le même temps, on constate qu’on n’arrive pas à réparer un petit tronçon à la sortie d’Abidjan, à Gesco. N’est-ce pas paradoxal Monsieur le Ministre ?
L’autoroute du Nord est une nouvelle autoroute qui va être construite. Ce n’est pas l’ancien tracé. C’est carrément un nouveau tracé. D’ailleurs, les travaux ont démarré. Lorsque vous passez sur l’autoroute actuelle, vous ne le voyez pas, parce que c’est à l’intérieur. A Gesco, il s’agit de la réhabilitation d’un tronçon qui a été endommagé. A la suite des pluies, les caniveaux étant bouchés, les eaux ont emporté une partie de la voie. Il faut donc carrément reconstruire cette voie. Là également, compte tenu de la spécificité, le financement avec les bailleurs de fonds n’est pas facile. Il faut donc des fonds propres. Avec le ministre des finances, nous avons trouvé finalement des ressources. Les marchés ont été passés. Les travaux doivent normalement avoir démarré. Vous arrivez de la Côte d’Ivoire, Monsieur le ministre, pour négocier avec des Européens, notamment des Français.
Avez-vous l’impression que les relations entre la Côte d’Ivoire et ces pays-là se sont améliorées?
Moi, je m’adresse essentiellement à des bailleurs de fonds, dans le cadre de ces voyages. Il y a deux catégories de bailleurs de fonds. Il y a des bailleurs de fonds pour lesquels les engagements vis-à-vis d’un Etat dépendent de la situation politique, et il y a des bailleurs de fonds pour lesquels les questions liées à la situation politique sont moins contraignantes. Il est évident que depuis quelques années, avec les difficultés que nous avons, nous concentrons beaucoup plus notre énergie sur les bailleurs de fonds pour lesquels l’évolution de la situation politique n’est pas un facteur déterminant dans les prêts. Ceci étant, tout le monde aspire à ce que la crise prenne fin le plus rapidement possible, parce que les ressources que nous avons ne représentent même pas le 10e de ce que nous pourrons avoir en situation de paix. La Côte d’Ivoire bénéficie toujours de la sympathie et du respect, d’un certain nombre d’acteurs qui considèrent que ce pays a un rôle important à jouer dans la sous-région et même dans le continent. Ils souhaitent véritablement nous aider massivement et financièrement, mais ils attendent que nous fassions notre part qui est celle de régler la crise intérieure.


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Published by secoolio - dans secoolio
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