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47 ans. des fortunes diverses
Le soleil des indépendances a lui sur la Côte d`Ivoire pour la première fois en 1960. A l`instar de bien d`autre pays de l`Afrique occidentale française (AOF) comme le Mali, le Niger, le Bénin, le Burkina-Faso (ex-Haute Volta), le Togo, la Mauritanie et le Sénégal ; de l`Afrique équatoriale française (AEF) comme le Congo et le Gabon, qui ont tous, accédé à la souveraineté nationale et internationale.

Hélas ! Quarante-sept ans après, beaucoup sont passés à côté de la plaque, au regard des indicateurs sociaux et économiques actuels. Au plan politique, le seul pays qui semble s`être tiré d`affaire en conservant sa légendaire stabilité, est le Sénégal, qui détient l`honorable score de zéro coup d`Etat.
Pendant au moins trois décennies, la Côte d`Ivoire a été un modèle à tous points de vue, grâce à un homme : Félix Houphouët-Boigny. Président du syndicat agricole africain, président fondateur du Rassemblement Démocratique Africain (RDA) puis du Parti Démocratique de Côte d`Ivoire (PDCI), il a été député à l`assemblée constituante Française, premier maire de la ville d`Abidjan et, surtout Premier Ministre de la Côte d`Ivoire. C`est fort de ces atouts qu`il a conduit son pays à l`indépendance. Déjà, rompu aux arcanes de la gestion des hommes et de la chose publique, il a, durant ses années de règne, (07 Août 1960-07décembre 1993) imprimé son label, sa marque déposée à son pays.

En trente-trois (33) ans d`exercice du pouvoir, Houphouët a donné une éducation scolaire et universitaire de haut niveau à ses concitoyens. Les résultats à la Conférence africaine et malgache de l`enseignement supérieur (Cames) en sont l`illustration parfaite. Il a su inculquer la notion d`auto- suffisance alimentaire aux agriculteurs et de facto, encourager le retour des jeunes à la terre. Il a ouvert, grandement, les frontières de son pays à tous les citoyens du monde, surtout aux ressortissants des pays limitrophes. Ayant opté pour une économie libérale, il a poussé toutes les couches socioprofessionnelles à travailler davantage pour gagner beaucoup d`argent. Ainsi, la production de cacao qui, en 1960, tournait autour de deux cents (200) mille tonnes va connaître une croissance progressive pour atteindre, aujourd`hui, plus d`un million de tonnes. Les ressources humaines étant la matière première indispensable de tout développement, Houphouët avait déjà, compris cela en 1946, en envoyant un contingent de jeunes élèves (garçons et filles) pour étudier en France. Ce sont ceux-là, qui vont lui servir de rampe de lancement à son programme.

Au plan économique, la Côte d`Ivoire, sous la houlette d`Houphouët, a connu un essor fulgurant avec un pic à partir de 1970. Les observateurs avaient pu alors parlé de miracle ivoirien. Cette période du règne houphouëtiste s`est caractérisée par la construction de beaucoup de routes bitumées, d`écoles (primaires, secondaires, universitaires), d`hôpitaux, de centres hospitaliers universitaires ; par la densification du réseau des télécommunications ; par la consolidation du tissu industriel ; et par la modernisation du secteur agricole.
À partir des années 80 la décrue économique s`est amorcée pour une progression et une chute vers le creux de la vague dès 1990.

Mais, Félix Houphouët Boigny n`aurait pas pu faire de son pays un modèle économique et social, "une oasis dans un désert de misère" (allusion aux pays environnants), sans une stabilité dont lui seul détenait le secret, puisque les pays voisins, après trente ans d`indépendance, avait renouvelé au moins cinq fois déjà, leur classe politique, par des coups d`Etat parfois très sanglants.
L`objectivité d`analyse exige de reconnaître que, se servant de la prospérité économique dont il était l`artisan, Houphouët avait réussi avec brio à étouffer toutes les contestations contre son régime et à canaliser toutes les velléités politiques de ses adversaires, parfois par un savant dosage de persuasion, d`intimidation et d`achat de conscience.

A partir de 1990, le règne d`Houphouët avait inexorablement amorcé son déclin, du fait de l`âge, de la santé de l`homme et surtout de la soudaine acuité de la récession économique, consécutivement à la mévente des produits de rente que sont le café et le cacao, les principaux piliers de l`économie ivoirienne. Poussé par la rue, mais surtout par l`environnement international (le sommet de La Baule), il a accédé le 30 avril 1990 au désir de millions d`Ivoiriens assoiffés de démocratie. Dès lors, jusqu`à sa mort en décembre 1993, son régime n`a pas eu de répit, vivement critiqué par une opposition très remontée contre son bilan, qui laissait des failles par endroits
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