Près de 300 clandestins interceptés en trois jours au Sénégal et en Gambie

 

clandestins.jpgMercredi 22 août 2007 - 15h49 - Cent quatre vingt-huit candidats à l'immigration illégale vers l'Europe ont été interceptés mardi au large de la Gambie par le dispositif européen de surveillance des côtes ouest-africaines Frontex, portant à près de 300 le nombre de clandestins interpellés en trois jours dans la zone.

"Hier (mardi) soir, 188 clandestins ont été interceptés à bord d'une seule pirogue par Frontex au large de la Gambie" petit pays enclavé dans le Sénégal, a déclaré mercredi le commandant Daouda Diop, porte-parole de la gendarmerie sénégalaise, précisant que l'opération avait été effectuée par "une patrouille mixte sénégalo-espagnole".

"Parmi eux, on a compté 118 Sénégalais, dont six mineurs, 61 Bissau-Guinéens et neuf Guinéens. Ils étaient partis de Casamance (sud du Sénégal) il n'y a pas plus de deux jours", a-t-il ajouté, précisant que tous avaient été transférés à Dakar dans la nuit.

"Les quatre barreurs, des Sénégalais, seront déférés (devant la justice), les étrangers seront mis à la disposition de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et les Sénégalais seront simplement identifiés avant d'être relâchés", a-t-il encore expliqué.

Le Sénégal est l'un des principaux pays africains pourvoyeurs de migrants clandestins vers l'Europe et un important point de départ de Ouest-africains (Gambiens, Bissau-Guinéens, Guinéens) vers l'archipel espagnol des Canaries le long de ses quelque 700 km de côtes.

Le 18 août, près de cent personnes, incluant des candidats au voyage clandestin vers l'Europe et des passeurs, avaient déjà été interceptées au Sénégal lors de deux opérations distinctes, selon la police sénégalaise.

Le pays tente de freiner ces départs à travers des opérations dans le cadre de Frontex, auquel il a été associé en 2006, et en collaboration notamment avec l'Espagne. Dakar et Madrid ont annoncé récemment la prolongation de Frontex jusqu'en juillet 2008, en évoquant des "succès" enregistrés depuis sa mise en place.

Basée à Varsovie, Frontex a mis en place depuis l'été 2006 des opérations maritimes et aériennes pour enrayer les flux d'immigration en provenance d'Afrique à travers la Méditerranée et vers les îles Canaries, dans l'Atlantique.

Actuellement, deux vedettes, un avion et un hélicoptère espagnols ainsi qu'un avion italien patrouillent au large du Sénégal.

Pour le commandant Diop, "on assiste ces derniers jours à "un pic dans les départs mais pas à une une recrudescence, car les départs ne sont pas si importants comparés aux chiffres de l'année dernière".

Les arrivées de clandestins aux Canaries ont nettement reculé en 2007 comparé à l'afflux massif enregistré en 2006 (plus de 31.200, soit trois plus que le précédent record en une année). Au total 6.306 immigrants ont débarqué au premier semestre de l'année, soit 55% de moins qu'au premier semestre 2006.

"On est resté longtemps sans avoir de départs, peut-être qu'aujourd'hui les gens espèrent une surveillance allégée compte tenu de la saison estivale, au cours de laquelle la mer est plutôt agitée", a expliqué le responsable de la gendarmerie, évoquant également le "possible amalgame" face à la suspension annoncée début août, faute de moyens, des patrouilles de Frontex en Méditerranée.

"Sur l'Atlantique, Frontex est toujours opérationnel et très efficace", a insisté le commandant Diop.

 

 

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