Relation Côte d’Ivoire-France - Laurent Gbagbo : “Il faut tout remettre à plat”
Dans une interview exclusive accordée à l’hebdomadaire Jeune Afrique (à paraître dans le n°2436 du lundi 17 septembre prochain), le président ivoirien Laurent Gbagbo remet en question les relations franco-ivoiriennes. Le président ivoirien Laurent Gbagbo estime qu’il faut "tout remettre à plat avec la France, tout rediscuter", dans une interview à l’hebdomadaire Jeune Afrique. Déclarant que l`ancien président Chirac était l`interlocuteur qui l`avait le plus déçu, M. Gbagbo ajoute que Nicolas Sarkozy "nous fait espérer", "parce qu`il est le seul président de la 5ème république à être né après la Seconde Guerre mondiale". "Jugeons-le sur ses actes plutôt que sur ses paroles", a ajouté le président ivoirien alors que la polémique se poursuit sur le discours tenu en juillet à Dakar par M. Sarkozy, dans lequel il déclarait notamment que "l`homme africain n`est pas assez entré dans l`histoire". Concrètement, M. Gbagbo ne précise pas comment il compte redéfinir les relations avec la France et préfère "ne pas parler pour le moment" de l`opportunité de maintenir une base militaire française à Port-Bouët. Revenant sur le bombardement du camp militaire français de Bouaké en 2004, qui a tué neuf soldats français, le président ivoirien a déclaré à Jeune Afrique que cette affaire lui a laissé "un goût amer", mais que "l`armée française a tout fait pour cacher la vérité", à savoir qu`elle avait été prévenue qu`une opération aérienne allait être lancée. Aujourd`hui, selon M. Gbagbo, "la page des relations entre la France et l`Afrique s`est déjà tournée avec ce qui s`est passé en Côte d`Ivoire mais aussi par exemple, avec la rupture des relations entre le Rwanda et la France, ce qui ne s`était jamais vu". "Une autre ère s`ouvre aujourd`hui", affirme-t-il. A propos du leader libyen Mouammar Kaddafi, il dit qu`il "considérablement soutenu" lors d`une réunion de la Communauté des Etats sahélo-sahariens à Bamako, et que "depuis, nous entretenons de bons rapports".
Interrogé sur la situation dans son propre pays, M. Gbagbo estime enfin que "nous avons évité le pire: une vraie guerre civile comme au Liberia ou en Sierra Leone dans les années 90" et que "nous sommes sur le point de nous en sortir"
 
 
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