Le régime tchadien d'Idriss Deby Itno et les rebelles qui le combattent dans l'est du pays semblent encore loin de la paix, tant les parties divergent encore sur la portée de l'"accord" pour un règlement du conflit signé mercredi en Libye.

Le texte paraphé à Tripoli par le gouvernement et les quatre principales rébellions de l'Est n'a pas encore été idrideby-1.gifrendu public. Les autorités de N'Djamena martèlent qu'il s'agit d'un "accord définitif", alors qu'une partie des rebelles n'y voit qu'une simple "déclaration de principe".

"C'est un accord-cadre qui contient les grandes lignes d'un éventuel accord global", tranche l'un des chefs rebelles, Timan Erdimi, à la tête du Rassemblement des forces pour le changement (RFC).

"On verra d'ici la fin du mois si on peut signer cet accord global", explique-t-il à l'AFP, tout en se disant "pessimiste" sur les chances d'une solution aussi rapide.

Sur les "grandes lignes", toutes les parties tombent d'accord: le texte prévoit un cessez-le-feu jusqu'à la fin du mois, une amnistie, l'entrée des rebelles au gouvernement et l'intégration de leurs combattants dans l'armée. Mais les modalités d'application restent à négocier.

"Nous avons prévu de nous retrouver dans trois semaines. D'ici là, les médiateurs libyens et soudanais vont tenter de lever les zones d'ombres", a affirmé à l'AFP Abakar Tollimi, secrétaire général de l'Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD), un autre mouvement armé.

Le désarmement des rebelles est une des questions cruciales en suspens. "Les rebelles seront désarmés à partir de leur position actuelle à l'intérieur du Soudan", a dit vendredi le ministre d'Etat tchadien Adoum Younousmi, principal négociateur de N'Djamena. Or, les rebelles refusent cette lecture de l'accord.

"Nos troupes sont au Tchad, il n'y a que des membres de nos états-majors qui sont au Soudan. Nous serons cantonnés et intégrés au Tchad", insiste Timan Erdimi, qui conteste en outre la nécessité d'un désarmement "vu que nos hommes doivent entrer dans l'armée".

Selon lui, l'entente est également loin d'être conclue sur les "dédommagements" que l'Etat doit réserver aux combattants qui préfèrent la démobilisation à l'intégration dans l'armée.

Autre problème, celui de la "sécurisation" des chefs rebelles qui se rendront à N'Djamena pour participer au gouvernement: un compromis s'annonce difficile à trouver sur le nombre de combattants armés qui seront autorisés à rejoindre la capitale.

Malgré tous ces obstacles, le gouvernement est catégorique.

"Il n'y a aucun point à préciser dans cet accord, tout a été négocié", a ainsi asséné le ministre Younousmi. "Le dossier est clos", a-t-il conclu, concédant tout juste qu'il restait "à régler les aspects techniques de cet accord, notamment sur les questions politiques et militaires".

"Les questions techniques et les modalités d'application sont importantes", rétorque Timan Erdimi. "Cela peut tout faire capoter, si on ne s'accorde pas là-dessus", fait-il remarquer.

D'ici-là, les pluies qui empêchaient le déplacement des combattants et la reprise des hostilités auront cessé dans l'est. Et en novembre, une force mixte UE/ONU doit commencer à se déployer dans cette région pour sécuriser les camps de réfugiés soudanais du Darfour voisin.

"La Libye tient absolument à trouver un accord dans la crise tchadienne comme au Darfour, car Mouammar Kadhafi est hostile au déploiement de forces internationales dans les deux pays", estime un connaisseur du dossier qui a requis l'anonymat. "Si les rebelles ont signé sous la pression libyenne, ils pourraient ne pas appliquer l'accord. Ce serait le retour à la case départ

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