WASHINGTON - Première femme à briguer la Maison blanche, Hillary Clinton a jeté l'éponge samedi, au terme de cinq mois de primaires acharnées dans le camp démocrate, pour finalement se ranger derrière son rival Barack Obama, premier candidat métis à la présidence américaine.

"Je l'appuie et je lui apporte mon soutien plein et entier. Nous ferons l'Histoire ensemble", a déclaré l'ex-"First Lady", en invitant les 17 millions de sympathisants qui ont voté pour elle lors des primaires à se rallier à la candidature du jeune sénateur de l'Illinois pour permettre aux démocrates de reconquérir la Maison blanche.

"Cela a été un rude combat, mais le Parti démocrate est une famille et le moment est maintenant venu de renouer les liens qui nous unissent et de nous rassembler", a déclaré la sénatrice de New York devant quelque 2.000 de ses partisans réunis au National Building Museum de Washington.

Barack Obama, qui avait remporté dès mardi la majorité des délégués à la convention démocrate organisée fin août à Denver pour entériner sa candidature face au républicain John McCain, n'était pas présent lorsque Hillary Clinton, qui nourrissait l'ambition d'être présidente depuis ses années étudiantes, a rendu les armes.

Tout faisant valoir qu'elle ne faisait que "suspendre" sa campagne, Clinton a promis d'"oeuvrer de tout son coeur pour faire en sorte que le sénateur Obama soit le prochain président". "Je demande à chacun d'entre vous de se joindre à moi pour travailler aussi durement pour Barack Obama que vous l'avez fait pour moi."

"DE L'ÉLÉGANCE ET DU CRAN"

En présence de son mari, l'ex-président Bill Clinton, et de leur fille Chelsea, au bord des larmes, l'ex-candidate à la présidence, qui avait lancé sa campagne dès janvier 2007, n'a pas semblé ménager son soutien à son rival métis, affirmant: "Nous ferons l'Histoire ensemble."

Des huées ont parfois accueilli le nom d'Obama dans l'assistance, mais Hillary Clinton a reconnu que le temps était venu, après une campagne âpre et rugueuse au sein du camp démocrate, de mettre de côté les divergences et de se concentrer sur la victoire contre les républicains en novembre.

Obama, qui, assuré depuis quelque temps de sa victoire dans la course à l'investiture démocrate, tentait de jeter des ponts avec le camp de sa rivale, s'est déclaré "ravi et honoré" de son soutien sans équivoque et a rendu hommage à sa campagne "inspirée" qui a, selon lui, fait avancer la cause des femmes.

"Notre parti et notre pays sont plus forts en raison du travail qu'elle a accompli tout au long de sa vie et je suis un meilleur candidat pour avoir eu le privilège de concourir contre elle", a déclaré le jeune sénateur. Mais Obama passe pour ne pas envisager avec enthousiasme un "ticket" avec elle après les déchirures de la campagne.

Clinton s'est d'ailleurs bien gardée de postuler à la vice-présidence sur un "ticket" avec le sénateur de l'Illinois, dont elle dit avoir été bien placée pour apprécier "la force, la détermination, l'élégance et le cran".

"Quand j'ai entamé cette course, je voulais reprendre la Maison blanche et faire en sorte que nous ayons un président qui ramène notre pays sur le chemin de la paix, de la prospérité et du progrès. C'est exactement ce que nous allons faire en nous assurant que Barack Obama passe la porte du bureau ovale de la Maison blanche le 20 janvier 2009", a déclare Hillary Clinton.


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