Coup d'État en Mauritanie

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Sidi Ould Cheikh Abdallah est le premier président mauritanien élu démocratiquement (en mars 2007) depuis l'indépendance de la Mauritanie en 1960.
 Un groupe de généraux a arrêté le président et le premier ministre. La radio et la télévision ont cessé d'émettre.

La crise politique que traverse la Mauritanie dégénère : un coup d'Etat a été lancé mercredi matin par les militaires qui ont arrêté, à Nouakchott, le président mauritanien Sidi Ould Cheikh Abdallahi et son premier ministre Yahya Ould Ahmed Waghf.

 


 

La fille du président, a confirmé l'arrestation de son père, le premier chef de l'Etat mauritanien élu démocratiquement depuis l'indépendance du pays en 1960. «Le président vient d'être arrêté par un commando (de militaires), qui sont venus le chercher, l'arrêter ici et l'emmener», a déclaré Amal Mint Cheikh Abdallahi, qui s'exprimait depuis la présidence à Nouakchott. «C'est un coup d'Etat en bonne et due forme», a-t-elle ajouté. Le président aurait été emmené au BASEP (Bataillon de la sécurité présidentielle). Son premier ministre se trouverait dans une caserne près de la présidence.

Amal Mint Cheikh Abdallahi a précisé que la présidence était toujours occupée par des hommes en armes. «Devant le salon, notre cuisine, il y a des sentinelles armées», a-t-elle indiqué, précisant n'avoir pas entendu de coups de feu lors de l'opération. «Je ne peux pas sortir de la résidence. La ligne du standard a été coupée», a-t-elle encore dit.

 

Tous les responsables militaires limogés

 

 Juste avant son arrestation, le président avait limogé tous les responsables militaires du pays». «Quatre nominations avaient eu lieu dans la foulée à la tête de l'état-major de l'armée, de la gendarmerie, de la garde nationale et de l'état-major particulier de la présidence», précise la radio sur son site Internet.

Selon la chaîne de télévision al-Jezira, c'est le chef de la garde présidentielle, justement limogé par le président, qui a pris le contrôle du palais de la présidence et des unités de l'armée ont encerclé le bâtiment de la télévision d'Etat.

 

Situation calme à Nouakchott

 

La radio et la télévision nationale ont par ailleurs cessé d'émettre après que des militaires en ont chassé le personnel. Des mouvements de troupes ont été constaté dans la capitale Nouakchott. L'armée bloque les accès à la présidence et aux médias d'Etat, empêchant les fonctionnaires d'y accéder. Cependant, la situation reste calme dans la capitale, où aucun coup de feu ni barrage n'a été signalé.

La Mauritanie traverse actuellement une grave crise politique, marquée notamment par la démission lundi de 25 députés et 23 sénateurs du Pacte national pour la démocratie et le développement (PNDD), la formation présidentielle. Cette crise, dont les généraux limogés sont accusés d'être les instigateurs, a largement fragilisé le pouvoir du chef de l'Etat

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