Les bombardements russes frappent la population géorgienne
09 août 2008La Géorgie a déclaré samedi être en "état de guerre" avec la Russie, qu'elle a accusée d'avoir bombardé son territoire, l'armée russe affirmant de son côté s'être emparée de Tskhinvali, la capitale de la république séparatiste d'Ossétie du Sud, en Géorgie. "J'ai signé un décret sur l'état de guerre", a annoncé le président géorgien Mikheïl Saakachvili au cours d'une réunion du Conseil national de sécurité filmée par la télévision. Il a ajouté que son pays était la cible d'"une agression militaire totale". Le Parlement géorgien a par la suite unanimement approuvé le décret du président. Les indépendantistes abkhazes pro-russes ont entamé samedi une opération militaire pour déloger les troupes géorgiennes des gorges du Kodori, seul secteur d'Abkhazie qui échappe à leur contrôle total, a annoncé le président abkhaze Sergueï Bagapch.
La Russie ne veut pas de guerre avec la Géorgie et s'efforce simplement de restaurer l'ordre en vigueur en Ossétie du Sud avant l'escalade du conflit, a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov dans une interview . L'armée russe a "complètement libéré Tskhinvali des forces militaires géorgiennes", a affirmé depuis Vladikavkaz, dans la république russe d'Ossétie du Nord, le général Vladimir Boldyrev, commandant en chef des forces terrestres. L'évacuation des blessés, aussi bien les soldats des forces russes de maintien de la paix et civils, est en cours, a ajouté le responsable. Le chef du gouvernement pro-russe d'Ossétie du Sud Iouri Morozov a confirmé la "libération totale" de la cité, "avec le soutien des forces spéciales de l'armée russe". L'artillerie géorgienne a de nouveau ouvert le feu samedi sur Tskhinvali en début d'après-midi.
Le port géorgien de Poti "dévasté" par l'aviation russe
Le président Dmitri Medvedev avait quelques heures auparavant fait savoir qu'une opération militaire des forces russes était en cours. "Nos soldats des forces de maintien de la paix et unités qui y ont été ajoutées (des renforts envoyés par Moscou, ndlr) effectuent à l'heure actuelle une opération en vue de contraindre la partie géorgienne à la paix". Les Géorgiens ont parlé de combats "acharnés" avec les Russes. Le président Saakachvili avait déclaré vendredi soir que la Géorgie, qui avait lancé dans la nuit de jeudi à vendredi une offensive en Ossétie du Sud, avait pris le contrôle de la quasi-totalité de ce territoire et notamment de Tskhinvali.
Concernant les attaques aériennes russes en Géorgie, l'armée russe, qui a reconnu la perte de deux avions de combat, a démenti samedi que ses appareils aient visé des "populations civiles en Géorgie", contrairement à ce que Tbilissi affirme. L'aviation russe a bombardé, samedi matin, la ville de Gori, dans le nord de la Géorgie, tuant des civils et détruisant des immeubles d'habitation, selon la télévision publique géorgienne. En outre, "la Russie a complètement dévasté le port de Poti sur la mer Noire, site clef pour le transport de ressources énergétiques de la mer Caspienne et qui se trouve près de l'oléoduc Bakou-Soupsa et du terminal pétrolier de Soupsa" en Géorgie, a assuré le ministère géorgien des Affaires étrangères.
Mille six cents personnes ont été tuées à Tskhinvali à la suite de l'offensive géorgienne, a affirmé de son côté une responsable de ce territoire séparatiste de Géorgie, Mme Irina Gagloïeva. Les Géorgiens ont démenti un tel bilan, Mikheïl Saakachvili parlant de "mensonges flagrants". Des milliers d'autres habitants de cette région ont été blessés, toujours d'après les autorités locales. Et plus de 30.000 personnes auraient fui l'Ossétie du Sud, franchissant la frontière avec la Russie, d'après le vice-Premier ministre russe Sergueï Sobianine. L'ensemble des 2.000 hommes du contingent géorgien se prépare à quitter l'Irak d'ici à trois jours, a par ailleurs annoncé son chef, le colonel Bondo Maïssouradze.