LE PARRAIN DE GBAGBO EST TOMBE
22 sept. 2008
K.O ! C’en fait fini pour Thabo M’beki ! Hier, le successeur de Nelson Mandela depuis 1999, la mine patibulaire, dans un discours télévisé dit avoir remis sa démission. Reste maintenant au parlement sud-africain de déterminer le début des vacances du fauteuil présidentiel.« L’ANC a décidé de rappeler le président de la République avant la fin de son mandat », déclarait le secrétaire général du parti, Gwede Mantashe. Quelques heures plus tard, Mukoni Ratshitanga, porte-parole de Mbeki répondait que son patron avait accepté la décision du comité directeur de l’ANC.
La multiplication des appels à la démission, tout le long de la semaine, sonnait déjà la triste fin de l’épisode Mbeki. Il aura joué et perdu contre son ennemi juré, Jacob Zuma. Le désormais futur ex-président du pays de l’Arc-en ciel est accusé d’avoir influencé la justice aux fins de nuire à son rival dans une affaire de corruption. Le juge a confessé avoir subi des pressions et des « interférences » au plus haut niveau de l’Etat. Selon l’architecture institutionnelle de l’Afrique du Sud, le président de la République est nommé par le Parlement issu des élections générales où l’ANC est maître du jeu, depuis la fin de l’apartheid. Aux termes de la Constitution, le comité directeur ne peut pas démettre directement le président de la République.
Ce remue-ménage ne pouvait pas laisser indifférents les Ivoiriens. Devant les balbutiements des accords d’Accra I, II et III, la patate chaude de la crise ivoirienne est refilée à l’Union africaine, présidée par Thabo M’beki. L’espoir nourri se transforme vite en cauchemar. Les prises de position partisane du président sud africain en faveur de Laurent Gbagbo ont conduit l’opposition politique et armée à récuser sa médiation. « Activisme indécent », ainsi jugeait en 2006 le secrétaire général des Forces nouvelles, Guillaume Soro la méthode M’beki. Les ex-rebelles en octobre 2006 ont même menacé de traduire devant les tribunaux l’ex-médiateur de la crise ivoirienne et certains de ses collaborateurs pour ‘‘abus de confiance’’ et leur rôle supposé dans ‘le pillage des ressources ivoiriennes et dans la signature de faux’‘. Le premier des refondateurs qui filait le parfait amour avec le médiateur affairiste est monté au créneau pour signifier son soutien à son nouvel ami. Réponse du berger à la bergère : « Thabo Mbeki a fait son travail avec sérénité et détermination malgré les attaques verbales dont il a été injustement et régulièrement l’objet. Il a agi avec tact, respect et diplomatie pour ses interlocuteurs et a obtenu, grâce à cela, des résultats. C’est un très bon médiateur et un fier africain. Je n’accepterai pas que son nom soit traîné dans la boue », estimait Laurent Gbagbo à Abuja, octobre 2006. Pour nombre d’observateurs, le départ de Mbeki pourrait ouvrir pour l’Afrique du sud une incertitude politique.