Crise financière: Le Canada dans la tourmente


(Source: Radio-Canada) Même si la Banque du Canada estime que les institutions canadiennes sont en meilleure santé que celles des États-Unis, elle n'en croit pas moins que le pays n'est pas à l'abri des retombées de la crise.

 

 

Crise financière: Le Canada dans la tourmente

 

Le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, approuve le plan de sauvetage de 700 milliards de dollars de l'industrie financière américaine. Il croit même que d'autres pays pourraient imiter les Américains et mettre en place leur propre programme pour aider leurs institutions financières.

Il ajoute que les sociétés financières canadiennes sont en bien meilleure santé que leurs homologues étrangères, mais que le pays n'est pas pour autant à l'abri des retombées de la crise aux États-Unis.

Prenant la parole devant le Cercle canadien de Montréal, jeudi, il a dit qu'il craignait moins l'impact pour le secteur financier que pour les exportations, qui ne peuvent que souffrir du rétrécissementde la demande intérieure aux États-Unis.

Il estime que le ralentissement américain touche durement les exportations de bois d'oeuvre et de matériaux de construction, et fait très mal au secteur de l'automobile en Ontario.

À la lumière des derniers événements aux États-Unis, la Banque du Canada va d'ailleurs devoir réviser ses prévisions économiques pour les États-Unis et le Canada.

Un autre avis dans le même sens

L'économiste en chef de la Banque TD, Don Drummond, estime aussi que l'économie canadienne sera touchée par les secousses que subit le système financier américain.

Comme M. Carney, il ne croit pas que leurs effets seront aussi douloureux qu'au sud de la frontière. Des revenus à la hausse et un marché de l'emploi en santé devraient contribuer à protéger le Canada, mais ce ne sera quand même pas suffisant pour empêcher certains dommages, a-t-il estimé, jeudi.

M. Drummond ne croit pas que la crise économique ait encore atteint son pic, mais ça ne saurait tarder, selon lui. Il faudra peut-être alors, attendre un an, pense-t-il, avant une reprise économique au Canada.

Jean Charest se fait rassurant

Le premier ministre du Québec qui assistait au congrès des municipalités, jeudi, a tenu à rassurer la population en affirmant que les Québécois n'avaient pas à craindre une récession.

Il affirme aussi que la crise américaine entraîne une diminution des exportations de produits québécois. Il donne comme exemple la diminution de l'exportation de bois à cause l'effondrement du marché immobilier américain, ainsi que la balance commerciale, touchée par la hausse du prix du pétrole.

M. Charest précise, par contre, que la situation québécoise ne se compare pas à celle des États-Unis. Il n'y a pas eu de prêts hypothécaires à haut risque et la valeur immobilière a continué d'augmenter.

Selon lui, les actions de son gouvernement expliquent cet impact modéré du ralentissement économique américain sur l'économie du Québec. Il cite la diminution des impôts de 1 milliard de dollars et le lancement d'un important programme d'infrastructures de 30 milliards de dollars sur 5 ans.

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