Le Secrétaire général de l’Onu séjourne à Abidjan depuis hier. Le Chef de l’état au Palais présidentiel. Le Président de la République a saisi l’occasion du déjeuner qu’il a offert en l’honneur du secrétaire général de l’Onu pour plaider un soutien accru de la communauté internationale en faveur de la Côte d’Ivoire qui a déjà exprimé sa volonté de sortir de la crise. Il a remercié son hôte pour son engagement à soutenir l’Accord politique de Ouaga qui a coïncidé avec son élection comme secrétaire général de l’Onu. Il a souligné sa disponibilité à le recevoir chaque fois que de besoin lors de ses passages à New York pour s’enquérir de la mise en œuvre de l’Accord politique de Ouaga. Le Président Gbagbo, en donnant un sens à la visite de son hôte, a voulu aller au-delà du symbole. Car étant le premier secrétaire général de l’Onu à passer la nuit en Côte d’Ivoire, Ban Ki-moon, démontre que ce pays est fréquentable et cela est un signal fort à l’endroit des investisseurs. Le Chef de l’Etat a profité de cette occasion pour donner la motivation de l’Accord de Ouaga et ce qui justifie les succès qu’il enregistre dans son application. C’est un accord entre Ivoiriens, inventé par les Ivoiriens et dont la base se sent solidaire. Les gens se reconnaissent dans cet accord et ils sont prêts à le soutenir et à l’appliquer. Jugeant de son opportunité, Laurent Gbagbo a tendu la main au chef des Forces Nouvelles qui l’a saisie et, dans la confiance, l’accord est né avec le soutien du Président du Burkina. C’est toujours dans cet environnement de confiance que sur la base d’une large concertation conduite par la Commission électorale indépendante et le Premier ministre, la date du premier tour de la présidentielle a été fixée au 30 novembre 2008. Il a alors, face à autant d’efforts réalisés par les Ivoiriens eux-mêmes, demandé à Ban- Ki-moon: «aidez-nous à respecter cette date», avant d’indiquer qu’il n’ y a plus d’obstacle politique sur le chemin qui mène aux élections présidentielles car les deux ex-belligérants d’hier se sont donné la main aujourd’hui et ils travaillent en bonne intelligence. Le Président de la république a clairement signifié à Ban Ki-moon que ce sont les liens financiers qui risquent d’aliéner toutes les avancées obtenues. Il a montré que le succès du processus de sortie de crise passe aussi par la réinsertion sociale des miliciens et des ex-combattants. Et c’est à travers le service civique que la Côte d’Ivoire a projeté de resocialiser cette frange de sa population. Il a encore une fois regardé du côté du patron de l’Onu avec cette interpellation. «Aidez-nous à ramasser toutes ces armes. La survie de notre pays en dépend. La paix dans la sous-région en dépend également... En formant cette doléance, nous ne voulons faire plaisir à personne, mais aidez-nous à arracher ces armes pour la stabilité de notre pays, qui doit continuer d’être cette terre d’accueil pour tous», a-t-il justifié. Le Chef de l’Etat a abordé par ailleurs le chapitre des élections en faisant un appel du pied à l’Onu: «aidez-nous à organiser les élections et les réussir». Et «pour créer un climat de confiance, nous avons accepté d’associer l’Institut national de la statistique qui depuis 1945 que la Côte d’Ivoire organise les élections a toujours été là, à un opérateur technique privé SAGEM. Cet acte coûte cher et le Premier ministre vous en dira un mot lors de votre rencontre. C’est le prix à payer pour la paix, mais ce n’était pas une nécessité pour la Côte d’Ivoire. Nous demandons à votre organisation de nous aider à respecter la date du 30 novembre, pour que tout le monde soit soulagé le 1e décembre 2008», a plaidé le Président de la République. Le secrétaire général de l’Onu a dit sa joie de se retrouver en Côte d’Ivoire pour la première fois en sa qualité de premier responsable de l’Onu. Il s’est dit très sensible à la qualité et la chaleur de l’accueil qui lui a été réservé et a souligné, avec une fierté non feinte, les avancées notables dans la mise en œuvre de l’Accord politique de Ouaga. Il a cependant rappelé les chantiers essentiels qui restent à terminer avant le 30 novembre 2008. Il a mis en lumière le partenariat entre les deux animateurs de l’exécutif et recommandé que le Président de la République et le Premier ministre poursuivent la concertation et le dialogue avec tous les acteurs politiques pour consolider les résultats obtenus jusqu’à ce jour. Il a remercié les autorités ivoiriennes pour l’excellence des relations entre elles et son représentant spécial Y.J. Choï. Et il a indiqué que l’Onu, à travers son représentant, consultera encore les autorités ivoiriennes et la classe politique dans le cadre de la certification des élections. Il a encouragé le Président de la République et le Premier ministre à poursuivre le programme de consolidation de la paix. Le Président Gbagbo et son hôte ont échangé des présents.

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