PETIT DEJEUNER AVEC ADO:Il répond à tout
30 avr. 2008
Hier, à son cabinet privé, sis aux Deux-Plateaux, le président du RDR, M. Alassane Ouattara, a convié les journalistes de la presse nationale et internationale à un petit déjeuner. Histoire d’évoquer avec eux, les faits marquants de l’actualité. Pendant plus de trente minutes, le président du RDR a répondu à 25 questions de ses invités. Il a parlé de la nouvelle date de l’élection présidentielle, du processus électoral, de son parti et indiqué ce qu’il fera si, au soir du 30 novembre, ses compatriotes lui donnent mandat pour prendre en main, la gestion d’un pays sortant d’une profonde crise et qui, par conséquent, a beaucoup de défis à relever. Nous vous proposons l’intégralité des échanges entre Ouattara et les journalistes.Quel changement au niveau du secrétaire général de votre parti?
Alassane Dramane Ouattara. Il n’y a pas de changement. Non, il n’y a pas de nouveau secrétaire général.
Le Congrès n’a donc rien changé ?
Ah si ! Le Congrès devait régler des questions relatives aux structures du parti. Nous avons créé un Comité de direction qui est fortement opérationnel. Nous avons créé une Inspection générale qui commence à bien marcher. Nous avons créé la Grande chancellerie qui est à pied d’œuvre pour préparer les médailles pour la décoration de nos militants, etc. C’est ce que nous appelons la restructuration du parti. Ce sont des structures qui n’étaient pas statutaires et que nous avons pu valider, maintenant, au plan institutionnel. Bien entendu, nous avons aussi crée de nouveaux postes. Que ce soit les postes de vice-présidence ou de secrétaires généraux. Mais tout ceci sera rendu public en temps opportun.
Qu’en est-il de la question de la certification des élections ?
Le Secrétaire général des Nations unies nous a fait un grand honneur. C’est vrai que le précédent Secrétaire général, (Kofi Anan, ndlr), nous avait aussi rendu visite en Côte d’Ivoire, à Yamoussoukro. Je crois que c’était aussi la manifestation de la situation de crise que vit notre pays. Nous avons eu de bons entretiens avec le Secrétaire général de l’ONU. De ce que j’ai eu comme entretien avec lui, je retiens qu’il est satisfait de ses échanges avec le chef de l’Etat et le Premier ministre. C’est une bonne chose. Nous avons revu ensemble les questions relatives au processus politique. Que ce soit la date du 30 novembre et le chronogramme qui doit nous conduire à faire des élections démocratiques à cette date. Nous avons parlé du financement du processus, puisque nous connaissons la situation financière de l’Etat. Nous ne sommes pas sûrs que l’Etat ait les moyens adéquats pour financer, à temps, le processus qui est prioritaire. Nous avons encouragé le Secrétaire général a aider au niveau des grandes institutions. Et nous lui avons dit que nous avons pris plusieurs contacts à cet effet. Nous avons parlé de la sécurisation du processus, c’est important pour tout le monde. Aussi bien pendant le processus, à l’occasion des élections qu’après les élections et nous avons aussi parlé de vous, les médias. Demandant qu’il lance un appel pour qu’il y ait une couverture plus équilibrée au niveau des acteurs politiques et que la presse fasse preuve de contribution à l’apaisement. Voila donc les questions que nous avons évoquées avec lui.
Etes-vous satisfaits de ces échanges ?
Ah oui, nous sommes satisfaits. Je pense que ce n’est pas tout que de régler les problèmes par une visite du Secrétaire général des Nations unies. La responsabilité incombe d’abord aux Ivoiriens, aux acteurs politiques mais surtout au président de la République et au Premier ministre. Donc, nous souhaitons qu’ils fassent ce qu’il faut pour que ces élections aient lieu. Parce que nous en connaissons les conséquences sociales et économiques pour le pays et pour le citoyen.
Les juridictions impliquées dans le processus électoral permettront-elles de garantir l’organisation d’élections transparentes et crédibles en Côte d’ivoire ?
Bien sûr, c’est une question que nous avons évoquée avec le Secrétaire général des Nations unies. Nous avons indiqué que nous étions attentifs au travail du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies, M. Choi, par rapport à la mission de certification qui lui a été confiée. Nous avons réitéré que nous avons une certaine déception suite à la suppression du poste de Haut représentant aux élections qui a été remplacé par ces deux entités. La certification par l’ONU et l’arbitrage par le facilitateur. Bien entendu, le facilitateur n’est pas sur place, il est à Ouagadougou, mais il a un Représentant en Côte d’Ivoire, le ministre Badini. Nous appelons donc ces deux personnalités à jouer pleinement leur rôle. Notre position est connue, au niveau du RDR, au niveau de l’opposition. Ces institutions ne sont pas légitimes. Pour la plupart, les mandats sont venus à expiration. Je crois que c’est un débat stérile maintenant, puisque nous sommes à la veille des élections et que la certification et l’arbitrage sont confiés aux Nations unies. Nous souhaitons véritablement, que les institutions qui ont créé des difficultés et qui sont à l’origine des problèmes de notre pays puissent être tenues à l’écart pour nous permettre de tenir des élections dans des conditions démocratiques.
Le Président Bédié était en tournée à Soubré. Affi Nguessan est au Nord. Pourquoi vous restez silencieux ?
ne considérons pas que nous sommes en pleine campagne. Nous avons fait une lecture très simple de la situation depuis plusieurs mois. Nous ne savions pas quand est-ce que nous aurions des élections. Rien ne sert de courir, il faut partir à temps. Nous avons attendu que la date soit fixée de manière à peu près crédible par la Commission Electorale Indépendante. C’est ce qui a été fait pour le 30 novembre. Et c’est donc maintenant que nous allons nous organiser pour entrer en campagne. Vous savez, la politique ne se limite pas à la campagne électorale. Nous avons nos responsables sur le terrain tous les week-ends et quelque fois dans la semaine. Nous estimons qu’il faut être très proches des populations, partager leurs souffrances et leur donner un peu d’espoir, par des messages qui les rassurent. Les rassurer que nous, nous sommes en mesure d’améliorer le sort des Ivoiriens le moment venu. Faire des tournées, c’est très bien. C’est une façon de faire la politique. Je n’ai rien à redire.
Que pensez-vous des défections enregistrées ces derniers jours au sein de votre parti dans certaines localités ?
Maintenant, soutenir que quelques militants débauchés ici ou là, peuvent entraîner de manière spectaculaire l’adhésion à tel ou tel parti, est une autre chose. Nous avons l’expérience de ces situations. Et je crois que ç’est une tempête dans un verre d’eau. Nous sommes confiants. Le RDR est un parti solide qui a des élus, des Secrétaires départementaux. Sur l’ensemble du territoire national, il y a des sections, des comités de base. Le RDR a une colonne vertébrale. Et par conséquent, nous n’avons pas de difficultés. Nous sommes des démocrates. Si certains se sentent bien avec nous, nous sommes bien heureux d’accueillir ces personnes. Si d’autres ne se sentent plus à l’aise à nos côtés, ils sont libres de faire leur choix, d’aller ailleurs. Quels que soient les motifs, nous n’en faisons pas un problème. Je dois ajouter que vous aurez constaté qu’il y a beaucoup plus d’arrivées au RDR que de départs.
Les Forces Nouvelles ont-elles fait connaître leur position suite à votre appel lancé à leur endroit lors du Congrès de votre parti?
Je crois que les Forces Nouvelles ont fait connaître leur position de manière publique. Elles attendent, étant donné quelles considèrent qu’elles ont un rôle d’arbitrage, la fin du processus pour décider. C’est donc aux Forces Nouvelles qu’il faut poser la question.
Que feriez-vous si vous n’aviez pas gain de cause ?
Je vous ai dit que je suis démocrate. Quel que soit ce qu’elles vont décider, je ne peux qu’en prendre acte.
Etes-vous d’avis avec ceux qui estiment que la cherté de la vie est le résultat d’une crise internationale ? On ne vous pas entendu sur le sujet auprès des populations.
Je pense que nous avons tout de même des responsables du parti qui ont réagi. Il ne faut pas que ce soit toujours le président du parti qui réagisse. Madame Maférima Touré, de la Commission Mines et énergie du parti, a publié une déclaration sur l’aspect technique de la demande qui est trop forte et des dépenses publiques qui ont contribué à des dérapages de prix au plan macroéconomique. Je ne voudrais pas rentrer dans les détails macroéconomiques. Ensuite, Amadou Soumahoro, ancien ministre du Commerce, a fait une longue interview pour expliquer comment est-ce que les circuits de distribution et le racket contribuent à augmenter les coûts. Et participent à créer l’inflation. Personnellement, je considère que ces questions sont difficiles parce qu’on ne peut, tout simplement, pas accabler un gouvernement quand une crise est internationale. C’est vrai que, que ce soit le riz, le blé…tous ces produits ont connu une forte augmentation de leurs prix. Ce n’est donc pas spécialement un problème ivoirien, africain ou des pays en développement. Ce que je dénote, c’est que gouverner, c’est prévoir. Cette inflation était prévisible. Heureusement, pour nous que nous sommes arrimés à l’Euro qui a un effet stabilisateur, avec la forte appréciation de l’Euro et la baisse du dollar.. Si l’Euro n’avait pas été où il est, l’inflation aurait été pire. Ce sont des questions techniques. Nous pensons qu’il y a des choses à faire au niveau de la demande. Il faut que les dépenses publiques soient bien gérées, mieux gérées, mieux orientées et que les effets soient plus productifs. Ce sont des questions que je connais bien, je pourrais passer des heures à vous en parler. Du côté de l’offre, quand nous étions aux affaires en 1990, nous avions mis en place un Programme d’autosuffisance en matière de production de riz. Si ce programme avait été appliqué, il est certain qu’on n’aurait pas eu de problème d’importation de riz aujourd’hui. Ce sont des questions difficiles. Ce sont des questions d’actualité. Je pense que les populations en souffrent d’autant plus qu’en Côte d’Ivoire et dans beaucoup d’autres pays en voie de développement, il nous est montré qu’entre 60 à 80% du revenu des ménages va à l’alimentation. C’est tout de même des montants considérables. Il faut tout faire pour soulager les populations. Il faut subventionner les plus défavorisés. Il n’y a pas d’autres méthodes. Le gouvernement devrait réorienter ses dépenses, donner la priorité à la subvention des plus défavorisés pendant une longue période.
Quel commentaire sur les propos tenus sur votre personne par l’artiste Alpha Blondy ?
Aucun
Peut-on savoir les contacts que vous avez pris à l’extérieur dans le cadre du financement du processus électoral ?
Nous avons eu des contacts avec des institutions traditionnelles de financement et aussi avec des partenaires privilégiés de la Côte d’Ivoire. Tout le monde doit contribuer à faire en sorte que le financement soit obtenu. D’ailleurs, l’année dernière quand j’étais à Washington, sur invitation du Conseil d’administration du FMI, j’avais informé le Chef de l’Etat que je prendrai contact avec la direction générale du Fonds pour aider aux financements et à l’approbation du programme du Fonds monétaire international. Vous savez, être opposant ne veut pas dire qu’il il faut être contre tout. Il faut aider le pays à avancer. C’est ce que j’essaie de faire dans le cadre de mes relations internationales.
Est-ce que la Côte d’Ivoire est à l’abri des scénarii kenyan et Zimbabwéen ?
Il ne faut pas être pessimiste. Il faut considérer que les uns tirent leçons des expériences des autres. Nous avons vu les effets dommageables de la manière dont les choses se sont passées au Kenya et maintenant au Zimbabwe, où nous sommes à la veille d’une véritable catastrophe. Nous devons faire en sorte qu’en Côte d’Ivoire les élections soient démocratiques et transparentes. Il faut tout simplement qu’on laisse le peuple se prononcer. Il ne faut pas faire obstacle aux votes. Que tout soit fait de manière transparente et équitable. Les candidats doivent pouvoir compétir. Les électeurs doivent pouvoir voter et que ceux qui ont été battus reconnaissent la victoire de celui qui a gagné. C’est dans cet état d’esprit que nous sommes. Nous pensons que nos frères des autres grands partis sont dans ce même état d’esprit. La Côte d’Ivoire ne peut pas aller de crise en crise.
Pensez-vous que le Code de bonne conduite signé devant le Secrétaire général de l’ONU est un gage pour les élections sans heurt ?
J’estime que c’est un bon départ, il faut l’encourager. C’est pour cela que j’ai tenu à y être personnellement. Je consens que c’est une bonne évolution que les partis signataires de l’accord de Marcoussis aient signé ce document. Même si les sceptiques me diront que « vous avez signé d’autres choses et qu’on n’est pas allé à des élections depuis des années ». Cela est vrai mais il faut l’encourager. En tout cas, nous devons croire en cette sortie de crise. Nous devons tous y contribuer quotidiennement. En tout cas, c’est la logique que nous avons au RDR.
Confirmez-vous Madame Diabaté au poste de secrétaire générale du RDR ?
Le Congrès a arrêté de grandes décisions. En ce qui nous concerne, l’équipe prépare véritablement les élections. Maintenant que la date des élections a été fixée, ma seule préoccupation c’est d’organiser la campagne électorale, c’est de mettre en place, mon équipe de campagne, de faire en sorte que tout ce qui est possible, soit fait. Quant au Secrétariat général, je suis très satisfait du travail de Mme le Secrétaire général. Elle a été ovationnée par les militants et je ne vois pas d’intérêt à un changement.
Peut-on savoir qui sera à la tête du Comité de campagne que vous comptez mettre en place ?
Vous permettrez d’abord que je m’adresse à mon Comité de direction. Nous allons voir toutes ces questions dans les meilleurs délais.
Comment évaluez-vous le processus d’identification en son volet relatif aux audiences foraines?
Les audiences foraines, c’est la porte d’entrée. Nous considérons que les premiers résultats sont bons. Puisque, en ma connaissance, c’est pratiquement cinq cent mille personnes qui ont obtenu leurs jugements supplétifs en plus des cent mille qui les avaient obtenus avant la procédure actuelle. Donc, c’est au total, six cent mille personnes qui ont obtenu leur papier. Ce serait la moitié des sans-papiers selon les estimations en son temps. Nous avons constaté dans certaines régions que des villages entiers n’ont pas pu participer à cette opération. Et notre souhait serait qu’il y ait une extension du délai des audiences foraines au lieu qu’elles soient arrêtées à la mi-mars. Il faudrait qu’il y ait une extension des audiences foraines d’autant que la date des élections prévues en juin a été reportée au 30 novembre. Donc ont peut se donner encore un ou deux mois pour que le maximum de personnes puissent obtenir leurs jugements supplétifs. Et de ce fait, pour pouvoir s’acquitter de leurs obligations dans ce domaine.
Quelle est votre option motivée sur la configuration de la sphère politique au soir du 30 novembre prochain ?
C’est le peuple ivoirien qui va décider. On peut imager aisément pour qui je voterai. Je souhaite que ces élections soient paisibles. Le processus qui va y conduire doit être équitable et que les uns et les autres se diront : les Ivoiriens ont choisi, continuons avec celui qui a été choisi. Nous nous tiendrons à sa disposition pour sortir la Côte d’Ivoire des difficultés actuelles.
Etes-vous pour un schéma où à l’issue des élections le vainqueur gouverne et les opposants s’opposent ou un schéma de regroupement modèle ATT ?
J’ai fait connaître ma position de manière publique. J’ai indiqué que j’ai beaucoup admiré la transition sud-africaine. Quand j’étais Directeur général adjoint au FMI, j’ai effectué ma première mission en Afrique du Sud. J’ai constaté à cette époque que tous les ministres que j’avais connu même aux Finances, à la Banque centrale et dans d’autres institutions étaient les mêmes. Le Président Mandela avait reconduit les ministres du gouvernement de De Klerk pendant une certaine période pour maintenir la stabilité de son pays. En ce qui me concerne, gouverner seul, n’est pas possible. Il faut le faire avec tout le monde. Il ne faut pas de postes de faire-valoir, mais de postes réels de responsabilité. Je l’ai dit publiquement lors du congrès, notre ambition est, après les élections, d’avoir un gouvernement d’union nationale avec les autres partis et de faire en sorte que ces partis aient des portefeuilles importants, des portefeuilles de souveraineté. Il faut qu’ils se sentent véritablement dans l’équipe du chef de l’Etat, ne serait-ce que sur une certaine période, pour permettre à la Côte d’Ivoire de sortir de cette crise.
Pensez-vous que la date du 30 novembre est crédible et que pensez-vous de la candidature de l’ex DG des Douanes ?
Tout citoyen est libre d’être candidat, donc je n’ai pas d’observation sur cette candidature. Par rapport aux élections présidentielles dont la date du 1er tour est fixée au 30 novembre, nous pensons qu’il y a beaucoup de bonne volonté de la part du Premier ministre qui fait un travail remarquable. Nous souhaitons que cette date soit respectée. C’est d’ailleurs le message que nous avons donné au Secrétaire général des Nations unies. Nous lui avons dit que ceci est essentiel. Il y a certes, l’aspect politique, mais n’oubliez pas l’aspect économique et social. La Côte d’Ivoire ne peut pas continuer d’être dans cette situation d’incertitude qui empêche de gros investissements. Nous assistons tout de même à la détérioration des infrastructures et nous à la veille de problèmes majeurs sur certains gros investissements. Il faut tout de même que les investisseurs nationaux comme étrangers soient persuadés qu’il y a une certaine lisibilité pour revenir. Nous sommes désireux qu’il y ait les élections cette années pour permettre de bons investissements à partir de 2009. La Côte d’Ivoire en a besoin, les Ivoiriens en ont besoin.
Redoutez-vous des actes de violence pendant la période de l’identification, qu’on empêche certaines personnes de s’enrôler?
Nous devons travailler à ce qu’il n’y ait pas ce genre d’intention. C’est pour cela que je disais qu’il fallait féliciter le Premier ministre qui a réussi à faire en sorte que ces audiences foraines délivrent des jugements supplétifs à plus de six cent mille personnes sans qu’il n’y ait des tensions. Ce qui est possible dans le cas des enrôlements et des élections. Nous devons tous travailler, notamment les leaders des partis politiques, les partis politiques doivent donner des messages à leurs militants pour dire qu’il faut laisser à chaque citoyen le droit d’exercer son devoir de citoyen. Evidemment, nous craignons des violences ici et là dans certaines zones où la cohabitation a été difficile, mais il faut y travailler. Il faut aussi que vous nous aidiez, que la presse nous aide. Que cette ambiance d’apaisement, de réconciliation se consolide. Je crois que c’est à ce prix là que nous aurons de bonnes élections, « des élections propres », comme dit le Chef de l’Etat.
Beaucoup d’ivoiriens sont pessimistes concernant cette date et vous ?
Dire que je suis pessimiste, non. Mais e comprends en même temps les inquiétudes d’une partie importante de la population. Des délais ont été annoncés et n’ont pas été tenus. C’était décembre 2007 mais ça n’a pas été possible. Ensuite Mars 2008. A l’issue d’un Cadre permanent de concertation à Yamoussoukro, nous avons estimé que ce n’était pas possible mais que ce sera possible après. Après l’évaluation qui a été faite, le Premier ministre et le chef de l’Etat se sont rencontrés à Ouagadougou pour les accords complémentaires. Maintenant, nous avons le mois de novembre. Mais la différence est que pour l’échéance du 30 novembre, un travail préalable a été fait. D’abord, c’est une date qui a été proposé par la Commission électorale indépendante après que toutes les discussions aient eu lieu sur les étapes et les besoins de financements. Le gouvernement a pris les décrets qui s’imposaient pour y aller, et puis les questions de financements ont avancées. Au regard de tout cela, je me dis que c’est possible, mais il se peut aussi qu’il y ait des retards. Qu’adviendra-t-il s’il y a des retards ? Dans ce cas, nous évaluerons la situation, nous allons la juger. Mais, je ne veux pas m’engager aujourd’hui sur un chemin pessimiste en disant que ce n’est pas possible. Ce n’est pas ma manière de faire. Nous allons nous engager maintenant dans la campagne parce que cette date est crédibles. Si ce n’était pas le cas, nous aurions continué nos activités normales de parti politique sur le terrain. Ce que nous avons fait jusqu’à présent sur le terrain. Le RDR n’a pas mis en place une direction de campagne parce que nous savions que ces dates ne correspondent pas à grand-chose. Mais maintenant, le 30 novembre est une date crédible. Nous allons nous engager dans la préparation des élections.
Votre avis sur les propos du chef d’Etat qui affirme n’avoir pas d’opposants parce que vous êtes tous représentés au sein du gouvernement ?
Je ne peux pas me réjouir de l’état actuel du pays. Je pense que chercher à dire que tel ou tel autre est le responsable, ce n’est pas ma préoccupation. A l’occasion de la campagne, je vais dire à nos compatriotes, voilà ce que j’ai fait pendant que j’étais Premier ministre, et chef du gouvernement et voici ce que je peux apporter si je suis élu. Je considère que c’est cela que les Ivoiriens attendent. Nos problèmes sont des problèmes d’actualité et non des problèmes du passé. Les souffrances sont quotidiennes, je pense qu’un Ivoirien aura à se dire : « si j’avais seulement 1000 Fcfa dans la maison et que je voudrais faire fructifier cet argent, si j’avais un lopin de terre à cultiver, si je devais le confier à quelqu’un, à qui devrait-je le confier ? A qui nous devons confier la Côte d’Ivoire au sortir de cette situation pour ramener de la prospérité et faire en sorte que les lendemains soient meilleurs ? » Le passé ne m’intéresse pas beaucoup. C’est surtout l’avenir.
Est-il vrai de dire que le RDR est essoufflé, que vous n’avez plus assez de moyens ?
Quand on est confiant de ce que l’on veut faire,on n’agit pas par rapport à ce que les autres considèrent que vous devez faire. Nous avons une stratégie, elle est en place. Nous avons un chronogramme, nous avons décidé de travailler sans du tout dévier par rapport à cette stratégie. Je suis confiant que ce sera la bonne stratégie. Nous en reparlerons dans quelques mois, notamment au soir du 30 novembre 2008. Je vous remercie.